mercredi 27 mai 2009

CAMPAGNE

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Non, il ne s’agit pas de celle qui nous entoure, et dont on ne voit pas grand-chose en ce moment… Car la libraire s’est mise en campagne, elle est en effet suppléante d’un des candidats au poste de conseiller général du canton puisqu’ il y a une élection partielle dans 15 jours du fait de l’invalidation de notre élection cantonale de l’année dernière.
Alors pendant ce temps le mari de la libraire est promu au rang de quasi libraire, il faut bien que le petit personnel assure quand le patronat bat la campagne…
Notre clientèle locale se constitue petit à petit, chaque jour de nouvelles têtes curieuses apparaissent. Il y a par ici d’assez nombreux grands lecteurs, plutôt des grandes lectrices d’ailleurs, qui discutent fermement les choix qu’on leur propose, et recommandent non moins fermement de se procurer rapidement les œuvres complètes de leurs auteurs favoris.
Contrairement à toutes les idées reçues le délai de livraison n’a pas l’air de troubler beaucoup celles et ceux qui passent des commandes. Plusieurs raisons nous amènent à avoir en ce moment des délais assez variables : les comptes fournisseurs ne sont pas tous ouverts (et certains d’entre eux sont très compliqués à ouvrir), la Sodis (distributeur du groupe Gallimard) a des problèmes informatiques, les fériés répétitifs amènent des clients mais écartent les transporteurs. Eh bien malgré ces aléas les clients savent attendre avec le sourire.
Sur un autre front la situation est bien mauvaise, c’est celle des paquets-cadeaux… J’espérais que cette catastrophe peu naturelle ne se déclenchait qu’aux alentours de Noël, hélas non, il semble s’agir d’une menace permanente. Je fais difficilement face en attendant divers lots de pochettes prêtes à l’emploi dont j’espère qu’elles me permettront au moins de sauver la face.
Un vrai double bonheur se présente pratiquement chaque jour :
- quand une grande lectrice achète en soupirant d’aise le nouveau titre de son auteur favori,
- quand un très jeune enfant fonce tout droit vers le rayon ad’ hoc où se trouve l’ouvrage de ses rêves, repéré lors d’une précédente visite.
Le livre reste un bel objet de désir.
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lundi 18 mai 2009

COMMENCEMENTS

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Encore beaucoup de livres arrivés cette semaine. Heureusement les dernières étagères avaient été livrées et montées par Gérard dimanche dernier, nous avons donc pu jouer une importante partie de "rayon musical", intéressante manoeuvre qui consiste à déplacer des rangées entières de livres d'un endroit à l'autre de la librairie.
Les client qui passent sont pour la plupart du temps charmants, ils se déclarent ravis de trouver une librairie ouverte ici, et de percevoir un vrai choix littéraire de la part de la libraire. Ils ne s'y retrouvent pas très bien dans le rayon histoire, et ma cheffe me le fait clairement remarquer, je crains de devoir abandonner bientôt mes étranges mélanges... A propos d'histoire il est passé un ancien pompier qui avait "fait" Mai 68 en service commandé, il a acheté un livre qui a la forme et la couleur d'un pavé en se demandant s'il le lancerait à la tête du prochain gendarme rencontré, tant il s'était retenu à l'époque de changer de camp. Et l'on douterait encore de la vertu cathartique des livres et de la littérature ?
Maintenant que les choses se sont à peu près mises en place nous avons pu faire une fête avec une trentaine d'amis qui nous ont bien soutenu dans notre projet, une vraie fête de libraire avec jeux littéraires sur le thème des commencements et vins du pays à flots, les deux coulant de source.
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jeudi 7 mai 2009

DEGUISEMENTS

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Le week-end qui vient, celui du 8 mai avec trois jours de congés pour la plupart des français, sera pour Anduze un week-end festif car on y célèbre le centenaire de la mise en œuvre du fameux Train à Vapeur des Cévennes (TVC) dit plus familièrement le petit train. Lancé en 1909 il finit sa première carrière vers 1950, faute de passagers puis de fret. Mais d’énergiques bonnes volontés le remirent sur ses rails en 1989, dans le scepticisme général. Aujourd’hui il est un des fleurons de la région, il transporte chaque été 150.000 touristes ravis de recevoir des escarbilles dans les yeux et de pouvoir hurler dans les tunnels obscurs.
Pour fêter dignement ce centenaire les commerçants d’Anduze organisent plein de festivités, le but étant de recréer quelque peu dans notre bonne petite ville une atmosphère 1900. Nous serons donc pour la plupart déguisés avec des vêtements de cette époque pendant les trois jours qui viennent. Et des apéritifs seront offerts dans les rues aux passants qui passent.
Je serai déguisé en paysan du Languedoc. Il n’y avait aucune redingote de notaire ou de banquier à ma taille, à l’époque les banquiers étaient maigres… Il n’y avait pas non plus de déguisement de libraire, mais celui-là je le mets désormais presque tous les jours.
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samedi 2 mai 2009

BATAILLE DANS UN ENCRIER ?

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Les livres continuent à rentrer dans la librairie, et les clients aussi, ça va bien ensemble. Toujours aussi gratifiant de s’entendre dire que c’est bien d’avoir une librairie à Anduze…
Mais ces livres qui sortent de leurs cartons il faut les mettre en rayon. Et là aïe aïe aïe, quelques incertitudes quant à la composition desdits rayons.
Prenons, pas du tout au hasard, le rayon « histoire » que je veux développer. Il semblerait, selon ma cheffe, que j’aie une conception assez particulière de ce rayon. Je veux en effet ne pas y mettre que de savantes études sur tel ou tel pan d’histoire, mais y mélanger allègrement tous les genres littéraires ayant trait à l’histoire du monde, de l’humanité, des idées et des expériences personnelles ou collectives. Tout cela par ordre chronologique.
Pour la clarté de la démonstration commençons par le commencement, par la préhistoire. En tout premier le livre fondamental de la sortie de la glaise, « Les innommables » de Claude Klotz. Purement imaginaire, et saisissant. Puis des études de Pascal Picq, et d’Yves Coppens. Avec les livres de Darwin et autour de Darwin. Mais aussi les romans de Jean Auel, ou de Pierre Pelot. De la paléontologie, de l’anthropologie, et de l’imaginaire comme s’il en pleuvait (ça c’était la semaine dernière, le beau temps arrive enfin).
Et on suivrait le temps par grandes périodes, mêlant biographies, études, romans, etc… Vaut-il mieux lire les mémoires de Richelieu, « Les trois mousquetaire », ou la saga de « Fortune de France » de Robert Merle ? Les trois si on a le temps, et quelques autres en plus, ou aucun si cette époque n’intéresse pas, je voudrais donner le choix au lecteur de sa propre approche de l’histoire.
C’est d’ailleurs peut-être là que le problème se trouve : il faudrait peut-être appeler ce rayon d’un autre nom, genre « histoires d’Histoire », ou « La marche du monde », ou « Comment les hommes vivent » ?
Je vous passe les détails mais la bataille est chaude, même si elle n’est pas destinée à enrichir les manuels d’histoire.
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